UN VOYAGE ? NEEEE ! ….. UN REVE ? JAAAAAAA

UN VOYAGE ? NEEEE ! ….. UN REVE ? JAAAAAAA

(Ne = non en tchèque         Ja = oui en allemand)

 

Il fallait partir la nuit ; la nuit commence les rêves. Et, lorsqu’arrivés au jour levé, le rêve continue, vous savez alors que vous faites partie des 44 voyageurs embarqués à bord du Bateau Ivre de Gérard Bejjani qui nous mènera de Prague à Berlin en ce début du mois de Mai 2016.

 

N’est-ce pas un rêve pour les 28 premiers voyageurs de contempler Prague du haut de son château Royal et de découvrir ses trésors conservés à la chapelle de la Sainte-Croix ? Après avoir écouté la fanfare qui salue la relève des soldats pragois protégeant ce château résidence du président tchèque, nous nous dirigeâmes vers la cathédrale Saint-Guy recelant d’extraordinaires vitraux exécutés par différents artistes dont le plus célèbre est sans conteste Alphonse Mucha, fierté des tchèques et fer de lance du style art nouveau.

 

Il était ensuite temps de déposer nos valises, se rafraichir quelque peu pour repartir vers la bibliothèque baroque de l’abbaye des prémontrés de Strahov. Par dérogation spéciale pour Le Bateau Ivre, les portes s’ouvrirent pour nous permettre de déambuler parmi les milliers de livres que renferme cette bibliothèque classée parmi les plus belles du monde. Le rêve continuait sous la voûte de la salle de philosophie peinte d’une fresque monumentale qui rassemblait à elle seule l’histoire de l’humanité et de la création littéraire. S’approcher de l’une des premières éditions de l’encyclopédie de Diderot et d’Alembert restera pour moi l’un des moments forts de ce voyage. Il fallait bien un écrin aussi précieux pour receler ces trésors de livres incunables. (test qui peut donner la définition d’incunable ?:))))))) Un office religieux en l’église abbatiale nous permit de partager un moment de spiritualité intense avec les pragois, sans pourtant rien comprendre de la langue. C’est au cœur que Dieu vous parle !

 

Cela faisait plus de 36 heures que nous n’avions pas fermé l’œil, mais vous aurez compris que les voyageurs du Bateau Ivre rechargent leur énergie à la culture et à la joie d’être ensemble. Nous avions donc encore l’entrain pour terminer la journée en dansant la mazurka au restaurant U Marcanu qui avait, ce soir-là, un air d’assemblée des nations, puisque nous passions des mains d’un canadien à ceux d’un japonais ou de ceux d’un américain à ceux d’un néo-zélandais. Smile and Smile, Yiiih !

 

Samedi, beau jour de printemps à Prague pour aller humer cet air de liberté du Printemps de Prague qui souffla si fort à la place Venceslas. Notre guide nous fit revivre les jours de répression qui suivirent comme si nous y étions. Ensuite flânerie jusqu’à la Vieille Ville, cœur battant de la capitale tchèque, où l’horloge nous fit son délicieux spectacle de 30 secondes. Traversée du Pont Charles sans oublier de faire un vœu en touchant la tête de Saint Jean Nepocumène, visite du musée Kampa, des jardins baroques du palais Wallenstein, du Petit Jésus de Prague. Belle leçon de partage apprise à Prague : Votre vœu sur le Pont Charles ne doit pas être pour vous mais pour quelqu’un d’autre, tout comme il faut toujours offrir le souvenir acheté chez le Petit Jésus de Prague. Rapide repos bien mérité à l’hôtel avant de repartir vers le café Slavia, rendez-vous des intellectuels du mouvement Devetsil, pour un verre d’absinthe qui avait plus le goût d’un sirop pour la gorge !! et redirection le Pont Charles de nuit pour comprendre pourquoi on parle de Praha Magica.

 

Dimanche matin, à huit heures tapantes, nous quittions Prague dont plus un seul pavé n’avait pas connu nos semelles, puisqu’informatique aidant il s’avéra que nous avions parcouru la veille plus de 15 km à pied ! J’en tombe à la renverse rien qu’à l’entendre ! Direction la belle Marienbad pour un arrêt relaxant devant la fontaine avec un spectacle de danse au petit air tyrolien. L’année prochaine nous pourrons dire « le printemps dernier à Marienbad » ; puis le charmant village de Locket où Goethe connut à nouveau l’amour à 78 ans ! Nous arrivions ensuite à la station thermale de Karlovy Vary avec un après-midi libre qui nous permit de pratiquer notre sport favori, le shopping ! Cette nuit-là, après notre élégant diner de gala parés de nos plus beaux atours en l’honneur de l’anniversaire de Néda, lorsque je fermais les yeux c’est le visage de Ralph Fiennes qui accompagna mes rêves, son portrait trônant en face de mon lit. Belle coïncidence ! Le Grand Hôtel Pupp où nous séjournions étant inséparable du film « Grand Budapest Hôtel » où ce talentueux acteur y incarnait l’inoubliable Mr. Gustav.

 

Il était temps de quitter l’âme slave nostalgique pour découvrir l’efficience de l’âme germanique. En ce lundi matin, Dresde en est un bel exemple. Complètement dévastée par les bombardements alliés en février 1945, elle a été reconstruite à l’identique et recèle en son palais royal de magnifiques trésors cachés dans les forêts alentours durant la guerre. Pour la seconde soirée consécutive nous allions dîner en beauté à notre hôtel, le Taschenbergpalais Kempinski cette fois en l’honneur de l’anniversaire de Monique.

 

C’est une matinée de splendeur qui nous était réservée le lendemain avec la visite du palais Zwinger, autre moment fort de ce voyage car nous allions gaver nos yeux de beauté suprême : des tableaux de grands maîtres, de Véronèse à Vermeer en passant par Rubens et Boticelli et en apothéose la fameuse Sixtinische Madonna de Raphael avant de parcourir le musée de la porcelaine. Comme seul Gérard sait le faire, le trajet entre Dresde et Leipzig s’envola rapidement, une belle discussion s’engageant dans le bus autour du pacte de jeunesse éternelle entre Faust et Méphistophélès qui nous accompagnèrent durant notre déjeuner à l’Auerbachs Keller où Goethe place une partie de sa pièce. Notre guide nous promena à travers les allées de la vieille Leipzig avant d’aller nous recueillir devant la tombe de Jean-Sébastien Bach pour permettre à Arlette d’y déposer une rose afin de combler le vœu de son fils Marwan.

 

Nous en sommes déjà à la moitié de notre voyage lorsque nous nous dirigeons vers Potsdam. Nous arrivions sans souci au château du Sans Souci, pourtant nous aurions pu en avoir des soucis ! Un chauffeur de bus polonais qui ne parle pas un mot d’allemand et ne connaît rien à l’Allemagne qu’il fallait faire communiquer avec des allemands qui ne parlent pas un mot de polonais ! Mais c’est compter sans l’ingéniosité et l’universalité des libanais. Grâce au Google translate de Gérard et à Léna qui a étudié en Pologne, nous avons pu nous extasier devant la demeure préférée de Fréderic II, miraculeusement épargnée par les bombardements. Pour ma part ce qui m’a le plus touché ce jour là, c’est de voir la tombe si simple de ce grand roi, il avait certainement bien compris où réside l’Essentiel.

 

Quel meilleur endroit Jeudi que la Chapelle de la Réconciliation à Berlin pour « réconcilier » les deux groupes du voyage, puisque nous commencions 28 à Prague et que 16 personnes nous rejoignaient à Berlin. Notre ami Till Heene nous expliquait l’histoire du Mur de Berlin édifié en 1961 et surtout celle de sa chute en 1989. En après-midi belle flânerie le long de la Kurfurstendamm avant la visite du musée The Story of Berlin qui résume l’histoire de la ville. L’horreur de la guerre est la même partout et un bunker ressemble étrangement aux sous-sols qui nous servaient de refuge durant notre triste guerre civile.

 

Il ne fallait pas que Berlin tombe jalouse de Prague. C’est plus de 13 km à pied que nous parcourions le lendemain en commençant par la traversée du Tiergarten parc face à notre hôtel pour arriver à la porte de Brandebourg dont le quadrige connut bien des péripéties. Puis le long de Under den Linden, l’avenue des tilleuls, déjeuner au célèbre restaurant Borchardt pour repartir ensuite de plus belle jusqu’à la tour de la télévision en passant par des places célèbres et surtout par le fameux check point Charlie où heureusement personne de nous ne se fit arrêter ! Pour finir cette journée pédestre par excellence, un diner typique allemand nous réunissait tous au Hofbrau où nous enflammâmes la piste de danse.

 

Samedi déjà ! C’est le tour de l’île des musées, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Complètement émerveillés, nous passions des merveilles grecques, romaines ou étrusques à la civilisation pharaonique. Le buste de Néfertiti, splendide de sérénité vieille de plus de 3,000 ans, représente si bien l’éternel féminin. Un sympathique déjeuner dans un quartier sympathique ; puis pour les meilleurs encore des musées en après-midi, avant une promenade en bateau-mouche le long de la Spree pour terminer cette belle journée en apothéose par la visite magistrale du Reichstag, où grâce à notre ami Till Heene nous pûmes pénétrer dans le saint des saints, la grande salle du parlement avant de grimper au sommet du magnifique dôme de ce bâtiment chargé d’histoire.

 

Dimanche est là, il faut boucler les valises. Même cette dernière journée sera pleine d’explorations que j’anticipe déjà avant de prendre l’avion de retour. C’est cela les voyages avec le Bateau Ivre, aller de découvertes en découvertes, préparées avec attention et surtout ferveur, marque déposée de son capitaine Gérard.

 

SI vous croyez après cette lecture exhaustive que je vous ai tout raconté, détrompez-vous ; il en reste autant et plus, le magnifique livret qui nous a été distribué nous aidera à mieux nous souvenir de chaque instant ainsi que les innombrables photos que nous nous partagions chaque jour.

 

Il fallait partir de nuit, la nuit commence les rêves. Nous reviendrons aussi de nuit, la nuit prolonge les rêves.

 

Merci Gérard, marchand de sable, faiseur de rêves.

 


THERESE IRANI HAGE

Berlin  9 Mai 2016

 

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